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Il se répand ici, ma chère et digne amie, sur le compte de Madame de Merteuil, des bruits bien étonnants et bien fâcheux. Assurément, je suis loin d'y croire, et je parierais bien que ce n'est qu'une affreuse calomnie: mais je sais trop combien les méchancetés, même les moins vraisemblables, prennent aisément consistance; et combien l'impression qu'elles laissent s'efface difficilement, pour ne pas être très alarmée de celles-ci, toutes faciles que je les crois à détruire. Je désirerais, surtout, qu'elles pussent être arrêtées de bonne heure...Collapse )
 
 
Monsieur,

J'ai l'honneur de vous prévenir que ce matin, au parquet de la Cour, il a été question parmi MM. les Gens du Roi de l'affaire que vous avez eue ces jours derniers avec M. le Vicomte de Valmont, et qu'il est à craindre que le Ministère public n'en rende plainte. J'ai cru que cet avertissement pourrait vous être utile...Collapse )
 
 
10 December 2006 @ 06:05 pm
Madame,

En conséquence des ordres que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser, j'ai eu celui de voir M. le Président de ***, et je lui ai communiqué votre Lettre, en le prévenant que, suivant vos désirs, je ne ferais rien que par ses conseils. Ce respectable Magistrat m'a chargé de vous observer...Collapse )
 
 
Je vous sais déjà instruite, ma chère et digne amie, de la perte que vous venez de faire; je connaissais votre tendresse pour M. de Valmont, et je partage bien sincèrement l'affliction que vous devez ressentir. Je suis vraiment peinée d'avoir à ajouter de nouveaux regrets à ceux que vous éprouvez déjà: mais hélas! il ne vous reste non plus que des larmes à donner à notre malheureuse amie. Nous l'avons perdue, hier, à onze heures du soir...Collapse )
 
 
08 December 2006 @ 10:20 am
Je reçois votre lettre à l'instant même, mon cher Bertrand, et j'apprends par elle l'affreux événement dont mon neveu a été la malheureuse victime. Oui, sans doute j'aurai des ordres à vous donner; et ce n'est que pour eux que je peux m'occuper d'autre chose que de ma mortelle affliction.

Le billet de M. Danceny...Collapse )
 
 
 
Madame,

C'est avec bien du regret que je remplis le triste devoir de vous annoncer une nouvelle qui va vous causer un si cruel chagrin. Permettez-moi de vous inviter d'abord à cette pieuse résignation que chacun a si souvent admirée en vous, et qui peut seule nous faire supporter les maux dont est semée notre misérable vie.

M. votre neveu...Collapse )
 
 
Je suis instruit, Monsieur, de vos procédés envers moi. Je sais aussi que, non content de m'avoir indignement joué, vous ne craignez pas de vous en vanter, de vous en applaudir. J'ai vu la preuve de votre trahison écrite de votre main. J'avoue que mon cœur en a été navré, et que j'ai ressenti quelque honte d'avoir autant aidé moi-même à l'odieux abus que vous avez fait de mon aveugle confiance; pourtant je ne vous envie pas ce honteux avantage; je suis seulement curieux de savoir si vous les conserverez tous également sur moi. J'en serai instruit, si, comme je l'espère, vous voulez bien vous trouver demain, entre huit et neuf heures du matin, à la porte du bois de Vincennes, Village de Saint-Mandé. J'aurai soin d'y faire trouver tout ce qui sera nécessaire pour les éclaircissements qui me restent à prendre avec vous.

Le Chevalier Danceny.

Paris, ce 6 décembre 17**, au soir.
 
 
Je vous écris de la chambre de notre malheureuse amie, dont l'état est à peu près toujours le même. Il doit y avoir cet après-midi une consultation de quatre Médecins. Malheureusement, c'est, comme vous le savez, plus souvent une preuve de danger qu'un moyen de secours.

Il paraît cependant que la tête est un peu revenue la nuit dernière...Collapse )
 
 
(Billet)

Je n'aime pas qu'on ajoute de mauvaises plaisanteries à de mauvais procédés; ce n'est pas plus ma manière que mon goût. Quand j'ai à me plaindre de quelqu'un, je ne le persifle pas: je fais mieux: je me venge. Quelque content de vous que vous puissiez être en ce moment, n'oubliez point que ce ne serait pas la première fois que vous vous seriez applaudi d'avance, et tout seul dans l'espoir d'un triomphe qui vous serait échappé à l'instant même où vous vous en félicitiez. Adieu.

Paris, ce 6 décembre 17**.
 
 
(A son réveil.)

Hé bien, Marquise, comment vous trouvez-vous des plaisirs de la nuit dernière? n'en êtes-vous pas un peu fatiguée? Convenez-donc que Danceny est charmant! Il fait des prodiges, ce garçon-là. Vous n'attendiez pas cela de lui, n'est-il pas vrai? Allons, je me rends justice...Collapse )